Philosophie générale | L’enseignement du professeurLes élèves sont assis. Le maître, éventuellement assisté d’un gradé, montre la première technique. Il cite son nom puis la réalise deux ou trois fois. Il l’effectue lentement ou rapidement. Il joint à la démonstration de courtes indications tant sur la technique elle-même que sur le rôle de celui qui la subit, Uke. Il ajoute généralement les consignes de sécurité à respecter. Le pratiquant doit jouir d’une concentration optimale. Son observation doit être fixée sur les déplacements du corps, les mouvements des bras et des mains ainsi que sur la position des doigts. L’action de chaque partie du corps sollicitée est spécifique et une inversion entre supination et pronation, par exemple, peut entraîner une inefficacité de la technique. Le professeur poursuit l’enseignement par une autre technique sur le même scénario.Le déroulement de l’exercice  Après avoir observé attentivement le professeur, le pratiquant, dans la plupart des entraînements, va choisir un partenaire. Il ne peut pas inviter un pratiquant de grade supérieur en vertu de l’article deux du règlement international de l’étiquette Takeda. Les deux partenaires, face à face, exécutent un salut debout, ritsu-rei, en position de base, chokuritsu-taï, et prononcent «Onegai shimasu» pour se dire «s’il vous plaît», veuillez travailler avec moi dans un respect mutuel. La personne qui est du côté de l’insigne Takeda, du côté shomen, réalise la technique le premier. Son partenaire ne peut le corriger et le guider qu s’il est au moins premier dan. Le professeur passe de groupe en groupe pour corriger les élèves. Souvent, il prend la place de celui qui subit, Uke, et demande à l’attaquant de réaliser la technique sur lui. Si le professeur doit montrer une faille dans son application, il recommence et essaie de modifier l’élément qui a rendu sa technique inefficace. S’il y parvient, le professeur s’en va. Sinon, il réalise la technique sur l’attaquant, qui devient celui qui subit, en insistant sur le point important que ce dernier n’avait pas assimilé.
Le professeur conseille en peu de mots, il utilise la pratique physique pour apprendre à l’élève.
Les rôles de Tori et Uke sont inversés régulièrement, souvent après quatre réalisations par chacun d’entre eux ou selon l’ordre du professeur. A la fin de l’exercice, un second salut debout est effectué en prononçant «arigato gosaïmashita» ce qui veut dire «merci beaucoup d’avoir travaillé avec moi».
Les élèves se replacent alors en seiza pour observer d’autres techniques proposées par le professeur.Le rôle des partenaires  Uke est le partenaire sur lequel Tori effectue la technique. Ils sont partenaires et ne sont pas adversaires car la pratique d’un art martial se fait dans l’optique d’une recherche mutuelle et pas d’une opposition de deux personnes. Uke va donc jouer un rôle important dans la recherche de la technique de Tori. Si Uke ne se trouve pas où il doit être au bon moment, Tori ne pourra travailler efficacement sa technique. Celui qui subit la technique doit veiller à ses déplacements, à ses attaques (par frappes ou saisies), à ses chutes. La frappe doit être orientée vers l’endroit précis à atteindre. Si ce n’est pas le cas, Uke ne se met pas en situation réelle d’attaque et Tori ne doit pas répondre à une attaque car celle-ci, s’il ne fait rien, ne l’atteindra tout de même pas. Lors des saisies : Uke doit tenir aussi longtemps que possible. D’une part, cela permet à Tori de voir si ses dégagements sont efficaces, et d’autre part, les partenaires ne perdant pas le contact, la technique est plus facilement réalisable. Certaines techniques relatives aux chutes sont dangereuses pour Uke. S’il ne fournit aucun travail, Tori peut avoir peur de le blesser. Il doit donc anticiper certaines chutes afin que Tori puisse réaliser sa technique correctement, entièrement, et dans sa durée normale. La balance est la mise en mouvement du centre de gravité du partenaire et son déséquilibre. Elle intervient dans toutes les techniques. Si Tori ne prend pas la balance d’Uke, il lui est impossible d’effectuer la technique car son partenaire est plus stable que lui. Ce dernier peut l’aider afin que sa technique fonctionne quand même ou, au contraire, résister pour lui montrer que le déséquilibre ne peut pas être atteint. La dernière solution est plus efficace. Il vaut mieux que Tori sache si sa technique est fiable ou pas. Uke aura donc pour travail d’offrir une petite résistance à Tori. Le rôle de celui qui subit se résume en une phrase : il doit permettre à son partenaire d’appliquer et de perfectionner sa technique dans les meilleures conditions.Le respect du partenaire  Les deux mots les plus usités lors d’un entraînement sont «onegai shimasu» et «arigato gosaimashita» qui signifient respectivement «s’il vous plait» et «merci beaucoup». Au début du cours, on salue le professeur et les autres élèves avec onegaishimas. Lors de l’exercice des techniques, un salut debout est effectué simultanément à l’énonciation de onegaishimas par les partenaires face à face. Lorsque le maître intervient pour expliquer un détail, pour enseigner une autre technique, ou pour organiser un changement de partenaire, les pratiquants doivent effectuer un salut debout avec arigato gosaimasta pour remercier leur partenaire d’avoir travaillé avec eux. En résumé, chaque fois que deux personnes travaillent ensemble – que ce soit le maître avec son élève ou les élèves entre eux – un salut marque le début et un autre la fin des échanges. Le to-rei est le salut du sabre. Il est exécuté en plus des saluts habituels au début du cours d’iaïdo. Il suit un déroulement précis régi par l’étiquette, reigisaho, de l’iaïdo. Dans le jodo ou le kendo, les armes sont tenues en main selon les caractéristiques propres à chaque discipline lors du salut debout mais ne sont pas saluées singulièrement comme l’est le sabre. Lorsqu’on travaille à deux avec une seule arme – en jodo par exemple – et qu’il faut la passer à son partenaire, un salut est effectué : l’arme est tenue horizontalement, la personne qui l’offre prononce s’il vous plait, onegai shimasu, et celle qui la reçoit, merci, arigato gosaimashita.Les saluts en fin d’entraînementTout comme au début du cours, sa fin est ponctuée par un salut.
Les élèves sont invités par le maître à s’aligner par ordre de grade et à remettre de l’ordre dans leur tenue. L’enseignant prononce «seiza» pour que tous se positionnent.Le temps de retour sur soi, le mokuso, permet à chacun de sortir de la concentration propre à l’exercice des arts martiaux. Les participants effectuent les trois saluts. Le maître et ses assistants se redressent. Il invite alors ses élèves à faire de même. Ceux-ci ne se relèvent pas tous ensemble mais par ordre de grade. Chacun est en position debout. Un ritsu-rei est effectué par le groupe; les professeurs se retournent et saluent une nouvelle fois l’insigne de l’école, le shomen. Le cours proprement dit est alors terminé, mais chacun a le devoir de montrer le respect du matériel par son rangement méthodique. Il faut nouer son iaïto (sabre d'entraînement) et ranger les jo, bokken, fukoro-jo, fukoro-shinaï, déposés hors du tatami pendant le cours, dans le sac après le dernier salut du maître au shomen. Le hakama doit se replier d’une façon bien précise avant d’être rangé. |
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